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“UNE DIFFERENCE DE TVA ABSURDE ENTRE NOUVELLE CONSTRUCTION ET RENOVATION"

Bart De Malsche (Qubo) soutient un tarif tva unique dans la construction

Pour que les entreprises dans la construction aient toujours un aperçu clair des dernières tendances et évolutions, il existe différentes solutions. Bart De Malsche de l'entreprise de construction Qubo a choisi de siéger dans le comité de direction de Bouwunie. Il connaît ainsi tous les thèmes qui se retrouveront au cœur de l'actualité des dix prochaines années, et a la possibilité de mettre sur la table des sujets qu'il considère comme problématiques, comme la TVA à 21% appliquée aux nouvelles constructions.

Cinquante habitations par an

Qubo a été fondée en 1991 par Albert De Malsche, le père des deux administrateurs délégués actuels, Bart et Tom De Malsche. “Mon père a commencé à travailler avec quatre maçons", explique Bart De Malsche, “et ses normes et ses valeurs constituent toujours les bases de notre entreprise de construction." Aujourd'hui, Qubo compte une cinquantaine de travailleurs qui construisent chaque année à autant de projets de construction de maison. “Nous n'avons que peu de problèmes de départ ou de démotivation. Lorsque quelqu'un nous quitte, il est en général remplacé par quelqu'un proposé par l'équipe même. Notre mission s'étend évidemment de l'atelier à la cuisine. Si un de nos hommes parle de son boulot en allant boire un verre, je veux qu'il connaisse les valeurs qui nous sont chères."

Relation de longue date avec les sous-traitants

Outre ses propres travailleurs, Qubo collabore avec de nombreux sous-traitants. “Ce sont tous des partenaires fixes qui nous consacrent 70% de leur agenda", ajoute Bart De Malsche. “Le gros œuvre et la ventilation sont pour la plupart réalisés par notre équipe, mais nous confions aussi certaines étapes en sous-traitance. Nous n'allons pas les renvoyer sur le chantier pour poser un plinthe dans une cuisine bien sûr. Nos ouvriers le feront. Nous les payons bien, conformément au marché. Nous préférons cela et profitons d'une relation sur la durée, plutôt que de devoir toujours trouver des sous-traitants à court terme. En ce qui concerne nos travailleurs,

L'organisation à tout prix

Bart De Malsche est économiste de formation et a tout fait pour présenter un produit complexe sous la forme de quelque chose de très simple. “C'est pour cela que nous nous sommes spécialisés. Qubo ne construit que des maisons unifamiliales et nous fonctionnons selon des procédures fixes. Nous allons réaliser de petits blocs d'appartements selon notre propre méthode. Nous ne travaillons pas sur les chantiers de rénovation, et pour une bonne raison. Nous voulons que nos clients aient une certaine sécurité en termes de calendrier, de délai de livraison et de prix. Tout est tellement bien organisé avec une précision incroyable dès le départ, jusqu'à l'endroit où placer un robinet d'extérieur, que nous n'avons pas à perdre notre temps en discussions inutiles. Pour toutes ces raisons
souvent imprévisibles 
nous ne voulons pas de rénovations."

“La Flandre a encore de la place"

Qubo ne réalise que des nouvelles constructions dans un rayon d'une heure de route de Hamme. Bart De Malsche n'est d'ailleurs pas d'accord avec le fait que l'on dise que la Flandre a atteint son potentiel maximum de construction. “Il y a encore beaucoup d'endroits constructibles, mais il ne s'agit pas forcément de terrains vierges. Il y a p.ex. ici une maison de quarante ans sur une parcelle qui permettrait d'en construire deux semi-mitoyennes. Et c'est comme ça partout en Flandre. Les petites habitations répondent sans problème à une tendance aux logements plus compacts pour le respect des normes plus strictes. Le sentiment d'espace est créé par un champs à l'arrière, sans pour autant devoir entretenir un grand jardin. Les possibilités existent, donc."

Législation

Des opportunités et non des ménaces

Bart De Malsche ne voit pas l'évolution de la législation comme une menace, mais plutôt comme une opportunité. “Nous essayons toujours d'appliquer les nouveaux règlements ou lois avant les autres. En tant que gérant, vous voyez de nouvelles opportunités partout. Imaginons qu'il y ait un projet d'aménagement d'un nouveau terrain de foot à côté de nos bureaux. Nous pourrions aller protester et crier notre désaccord sur de grands calicots, ou réfléchir à ouvrir un espace horeca, pour en tirer profit. Tout est une question de point de vue."

Tarif tva

Ce n'est pas parce qu'il est ouvert d'esprit par rapport aux nouveaux règlements que Bart De Malsche est d'accord avec tout. “Je ne comprends pas que l'on applique des tarifs de TVA différents pour les nouvelles constructions et les projets de rénovation. Beaucoup d'habitations existantes ne valent pas la peine d'être rénovées, mais pourtant, on stimule la rénovation en appliquant un tarif de TV à 6%. Les logements rénovés sont souvent peu conformes aux exigences énergétiques, alors que les candidats constructeurs sont souvent confrontés à une technologie de pointe impayable en la matière. C'est ça que je ne comprends pas. De plus, on compte 32 communes en Flandre qui appliquent pourtant une TVA à 6% pour les projets de démolition et de nouvelle construction. Ce n'est pas un hasard si les grandes pointures flamandes habitent dans ces communes. Mais je ne vois toujours aucune logique dans cette réglementation."

Membre du comité de direction de Bouwunie

Pour un rôle plus percutant, Bart De Malsche a rejoint le comité de direction de Bouwunie et le conseil général du CSTC. “Cette position m'offre aussi une belle opportunité. Cela me permet d'aborder les problématiques dans un contexte plus vaste. Cela vous laisse respirer et d'avoir une vision d'ensemble de la situation dans la construction. Tout le monde parle des économies d'énergie, alors que dans vingt ans, on n'en aura plus que pour le recyclage. C'est en siégeant dans ce type d'organisations que vous y voyez plus clair. Ces associations et fédérations permettent aussi de débattre de choses qui nous semblent illogiques, comme la réglementation relative à la TVA. En tant que petite entreprise de construction, je peux faire entendre ma voix auprès de Bouwunie, qui communiquera notre vision des choses au monde politique."

Les clients préfèrent la sécurité

Qubo n'a pas échappé à la crise économique, mais à en croire Bart De Malsche, l'entreprise n'en a pas beaucoup souffert. “Nous ne nous sommes jamais fixé des objectifs de croissance démesurés et irréalisables", explique-t-il. “Nous nous développons au rythme le plus confortable pour l'entreprise. Nous sommes passés progressivement de sept chantiers à cinquante par ans. Notre équipe de cinquante travailleurs est idéale. Nous pourrions voir plus grand, et construire encore plus de maisons, mais ce n'est pas nécessaire pour une meilleure rentabilité. Vous êtes un peu plus fragile quand la conjoncture est à la baisse. Nous avons remarqué que les clients recherchent plutôt la sécurité par temps de crise. Et dans une petite entreprise familiale, le côté 'artisan' est encore bien présent et inspire davantage la confiance qu'une grande entreprise anonyme."

Conservateur face aux nouvelles techniques

Bart De Malsche travaille dans la construction depuis 1993 et considère que les techniques d'économie d'énergie comptent parmi les principales évolutions du secteur. “On vous rabat les oreilles avec toujours plus de nouvelles techniques qui vont toujours plus loin. Mais nous sommes plutôt conservateurs en la matière. Et c'est assez logique. Nous avons par exemple construit avec Qubo la maison de Hilde Masschelein, administratrice déléguée de Bouwunie. Dix ans plus tard, sa maison a fait l'objet d'un audit énergétique en fonction des factures. Et elle consomme 40% de moins que ce que le programme PEB avait estimé. J'en conclus que tous ces calculs théoriques sur l'amortissement sont erronés. On pourrait comparer cela au secteur automobile: les utilisateurs Tesla se moquent de ceux qui vont faire le plein, mais ont payé leur véhicule le double du prix. Tout cela pour dire qu'il faut bien faire la différence entre la mode et la réalité."

Bel avenir

Bart De Malsche reconnaît aussi que les entreprises clé sur porte n'ont pas toujours été bien vues. “Mais aujourd'hui, c'est l'inverse", explique-t-il. “Avant, une maison clé sur porte, c'était le logement social de luxe, mais je suis convaincu qu'aujourd'hui, elles proposent parmi les meilleures habitations du marché, toujours bien intégrées dans le paysage. Un presbytère peut être magnifique, autant qu'une construction moderne. Mais mettez-les l'un à côté de l'autre, et ça va faire tache. Nous réalisons parfois des projets complets qu'un particulier ne pourrait pas concrétiser. Je suis convaincu que, pour des entreprises comme Qubo, l'avenir s'annonce plus que bien."

Augmenter la rentabilité

Qubo n'a pas de gros projets pour l'instant, mais n'exclut pas non plus une nouvelle croissance. “Le principal, c'est de continuer à améliorer notre rentabilité. Nous ne voulons pas faire travailler plus nos hommes, mais encore mieux organiser le travail. Le coût imputé aux erreurs dans le secteur de la construction est estimé à 10%. Si nous pouvions ramener la moyenne à 8%, cela représenterait déjà un bel avantage de compétitivité. Nous devons nous armer contre les entreprises étrangères qui interviennent aujourd'hui énormément en sous-traitance, mais qui finiront par agir en tant qu'entrepreneur principal."