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“J'AIMERAIS DISPOSER DE TRENTE HEURES PAR JOUR AU MINIMUM"

Michael Roels (Roels bvba) manque d'heures pour tout ce qui le passionne

Michael Roels a lancé sa propre SPRL en 2008. Initialement, il a poursuivi l'élan du père Roels qui était actif dans les travaux de toiture et le sanitaire, mais progressivement, l'entreprise a évolué vers les travaux de gros œuvre, les projets totaux et le propre développement de projets. “Honnêtement, je trouvais cela bien plus passionnant que les travaux de toiture et le sanitaire", admet Roels.

Du sanitaire au gros œuvre

Certes, la société Roels n'était pas connue en premier lieu comme entrepreneur de gros œuvre. Il a fallu du temps et des efforts avant de pouvoir attirer des clients dans ce segment de marché. “Personnellement, j'ai résolument consacré beaucoup de temps à de nombreuses activités secondaires", confie Roels. “On apprend ainsi à connaître pas mal de gens et parmi eux se cachent toujours des clients potentiels. A un moment donné, le bouche à oreille a faitson travail et nous étions définitivement lancés. Le but était que mon père exerce à terme une fonction administrative, mais ceci n'était pas son truc finalement. Mon père est un véritable homme de métier et il a repris ses anciennes activités."

“La croissance a été très rapide", se remémore Roels. “En quelques années, nous avons évolué en une entreprise de près de trente salariés. La conséquence était que la structure n'a pas grandi avec notre entreprise. Je ne parvenais plus à contrôler régulièrement les travaux sur les différents chantiers et la qualité en pâtissait. Certains estimaient par exemple que l'isolation pouvait présenter des fentes, parce que le client final ne le voyait quand même pas quand une brique de parement était posée devant. Je ne peux accepter cet état d'esprit. La qualité doit être garantie à tout moment."

Une jeune équipe

Pour garder le contrôle, Roels a fait un grand nettoyage dans son personnel. “On peut affirmer sans crainte que j'ai gardé les bons éléments, ce qui fait que nous disposons maintenant d'une équipe de qualité avec la bonne attitude. Pour l'heure, nous employons quatorze ouvriers, et huit personnes au bureau. L'âge joue aussi un rôle. J'estime que l'âge moyen de nos travailleurs est de 32 ans, tandis qu'il est de 47 dans le secteur de la construction. Une jeune équipe donne aussi des garanties à long terme, précisément parce que nous avons très peu de va-et-vient."

Prix pour l'emploi de stagiares

Bon nombre des salariés actuels ont un jour suivi un stage dans sa SPRL. “Certains ont suivi une formation professionnelle individuelle et ont commencé par un contrat correspondant. Nous avons toujours collaboré très étroitement avec Groep Intro. Ils organisent des formations et accompagnent les demandeurs d'emploi vers un job adéquat. Il est important qu'ils apprennent le métier dans un environnement réel pendant la formation, et ils peuvent s'adresser à nous pour cela. J'ai toujours entendu à la maison qu'un entrepreneur doit aussi s'engager sur le plan social. Avec Intro, nous avons fondé en fait une sorte d'école d'élite pour couvreurs. Beaucoup de gens ont suivi ici un stage, si bien qu'au final, nombreux sont ceux qui ont débuté dans notre SPRL. Pour cette collaboration étroite, nous avons même reçu fin 2015 le prix de l'Aedificas Foundation."

“L'entreprise ne tourne bien que quand les salariés sont contents"

Cours de néerlandais sur le chantier … aussi pour les autochtones

Michael Roels: “Nos travailleurs expliquent toujours qu'ils sont très satisfaits de l'intégration dans notre entreprise. Je suis convaincu que ceci est lié au fait qu'ils ont reçu chez nous les opportunités de devenir ce qu'ils sont aujourd'hui. Evidemment, nous travaillons aussi avec des étrangers. Par exemple, nous veillons à ce qu'ils reçoivent des cours de néerlandais sur le chantier. Cela favorise l'intégration, mais ce n'est pas tout. Nos ouvriers autochtones suivent aussi régulièrement des cours de néerlandais. Ainsi, ils ne se cantonnent pas à leur dialecte local qui complique en tout cas la communication avec les collègues, et certainement les étrangers."

Les embarras de circulation sont repartis

Roels bvba est établie à Ternat, en Brabant flamand, près de Bruxelles. Son rayon d'action s'étend sur vingt kilomètres autour de Ternat, une région sensible aux files. “Nous avons longtemps travaillé sur des chantiers à Gand, Bruges ou Knokke, mais c'est en fait trop loin", constate Roels. “En effet, vous devez rester en mesure de suivre vos projets. Si ce n'est plus possible, vous devez rectifier le tir. Vu notre localisation, nous sommes effectivement souvent actifs à Bruxelles et ses environs. Le matin, le trafic est encore supportable, mais le soir, c'est souvent une catastrophe. Mes collègues ne sont donc pas toujours très contents quand nous décrochons à nouveau un chantier dans la capitale, mais j'essaie bel et bien de veiller à ce que ce ne soit toujours la même équipe qui doit travailler du 'mauvais côté' de Bruxelles. Ils doivent aussi pouvoir m'en parler. Au bout du compte, je veux, en tant que dirigeant, que notre entreprise tourne bien. Et cela ne tourne bien que quand les salariés sont contents."

Propres valeurs et normes

Alors qu'avant, les particuliers constituaient le gros de la clientèle de Roels bvba, ils représentent aujourd'hui encore environ 10%. “En fait, nous travaillons surtout pour des promoteurs immobiliers pour le moment. Un projet typique pour notre SPRL est aujourd'hui une nouvelle construction de cinq à vingt appartements. Cette tendance est intervenue, parce que notre société a toujours eu une bonne réputation. Nous véhiculons certaines valeurs et normes, que chacun annonce, mais que nous concrétisons réellement. En résumé, j'attends de mes collaborateurs et sous-traitants qu'ils livrent des chantiers comme ils aimeraient le voir chez eux."

De plus en plus de développement de projets en interne

Les promoteurs immobiliers apprécient de collaborer avec Roels bvba, parce qu'ils partagent activement les réflexions sur le coût. “Effectivement, nous n'exécutons pas servilement ce qui est décrit dans le cahier des charges, mais cherchons avec le maître de l'ouvrage des alternatives éventuelles", prétend Michael Roels. “Ces derniers temps, nous travaillons de plus en plus au développement de projets. Pour cela, je collabore avec un nouvel associé qui est actif sur le marché depuis déjà des années. Pour terminer, nous visons de temps à autre le secteur public. Actuellement, nous sommes inscrits pour réaliser trois extensions d'écoles. Notre société peut participer aux travaux de classe 5. Nous ne sommes pas assez grands pour concourir à des projets mastodontes, mais ce n'est pas non plus notre ambition."

"Je serai très content d'être encore là où nous sommes dans cinq ans. Nous développons le groupe autour de Roels afin de pouvoir réaliser de plus en plus de projets internes, et si nous y parvenons, je serai un homme très heureux, même si je le suis déjà maintenant."

Trente heurs par jour?

Actif dans la Confédération Construction

Michael Roels a confié précédemment consacrer beaucoup de temps dans des activités secondaires. L'une d'entre elles est la présidence de la Chambre des Jeunes de la Confédération Construction Bruxelles Brabant flamand, à laquelle il a insufflé un second souffle en 2014. Dans cette chambre, de jeunes entrepreneurs locaux désirent rassembler leurs idées, vision et préoccupations afin de les communiquer à la Confédération Construction nationale.

“J'ai suivi un trajet d'apprentissage de deux ans, parce qu'on côtoie des orateurs particulièrement passionnants sur des sujets tout aussi passionnants. Personnellement, j'ai appris beaucoup. Dans ce groupe siégeaient six jeunes entrepreneurs et avec eux, nous avons décidé de remettre cette Chambre des Jeunes sur les rails. C'est très passionnant, alors que j'aimerais avoir trente heures dans une journée, afin d'aborder tout ce qui m'intrigue."

Tracasseries administratives

Roels aimerait disposer de trente heures par jour, en partie parce qu'une très grande partie de son temps est consacrée à toutes sortes d'obligations administratives. “Je pense que la surcharge administrative a été multipliée par trois depuis l'invention du terme de simplification administrative", sourit-il. “Parfois, j'ai le sentiment que nous évoluons vers un système américain, en vertu duquel chacun se couvre à 120% pour ne pas subir des demandes d'indemnisation. J'ai grandi avec l'adage 'une parole est une parole'. Pour moi, il serait parfaitement possible d'achever des missions sans écrire la moindre lettre sur le papier. Mais aujourd'hui, ce n'est plus possible, malheureusement. Et précisément pour cette raison, vous consacrez nettement moins de temps à votre métier de base que vous le souhaitez."

Les week-ends sont sacrés"

Naturellement, vous devez fixer des limites. Avant, je travaillais sept jours par semaine. Maintenant que j'ai quatre enfants à éduquer, les week-ends sont devenus absolument sacrés pour moi. Ce temps est exclusivement réservé aux enfants. Je les emmène au football, je suis même aide-entraîneur et j'essaie de rattraper le temps que je ne peux pas leur consacrer en semaine."