Terrassement

Les entreprises accélèrent l'élimination des PFAS grâce au chanvre

Projet pilote pour répondre à une pollution généralisée est une première européenne

PFAS uit de grond met hennep
Dans la serre, 100 m³ de sol contaminé par les PFAS sont traités par la culture de chanvre industriel et l’ajout d’additifs

Gand, 12 février 2026 – OVMB, filiale d’Eiffage Construction BeLux, C-biotech et C-ground – respectivement les pôles phytoremédiation et sol du groupe Cordeel – unissent leurs forces dans le cadre d’un projet innovant de dépollution des sols. Dans une serre entièrement fermée et contrôlée située dans le port de Gand, les partenaires étudient comment le chanvre industriel, combiné à des additifs du sol, peut accélérer l’extraction des PFAS sans détruire les terres.

Europese primeur!

Ce projet, une première européenne, pourrait offrir une solution durable et économique à la contamination généralisée des sols par ces « polluants éternels ». Si l’approche s’avère concluante, les partenaires souhaitent passer à l’échelle supérieure afin de traiter des sols ex situ à plus grande échelle.

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques persistants et difficilement dégradables – des « polluants éternels » ou « forever chemicals » – qui contaminent les sols et les eaux à l’échelle mondiale et sont associés à des maladies telles que le cancer, l’obésité ou l’endométriose. La Belgique constitue en outre un véritable hotspot en matière de PFAS, selon un rapport récemment publié pour le compte de la Commission européenne : 100 % de la population belge vit dans une zone à risque, dont 20 % dans une zone à haut risque, plaçant le pays en tête du classement européen. Les coûts de dépollution, ainsi que les dépenses de santé liées à cette pollution, pourraient atteindre au minimum 330 milliards d’euros – dans le scénario le plus optimiste.

La phytoremédiation en vue d’un réemploi intégral des sols

Les méthodes classiques de dépollution reposent sur l’excavation et le lavage des terres, des techniques qui n’éliminent la pollution que partiellement et laissent d’importantes quantités de sols inutilisables, destinés à l’enfouissement – une approche typiquement « end-of-pipe ». À travers ce projet pilote de phytoremédiation – qui utilise des plantes et des micro-organismes pour éliminer naturellement les substances polluantes – C-biotech, C-ground et OVMB entendent démontrer qu’une autre voie est possible. Grâce à une approche ex situ, les sols contaminés sont traités hors site, restaurés et améliorés avec pour objectif leur réutilisation complète, et ce plus rapidement que serait le cas par des processus naturels.

Jo Brouns, Vlaams minister van Landbouw en Omgeving

Jo Brouns, ministre flamand de l'Agriculture et de l'Environnement


Pour ce projet pilote, les partenaires ont développé une serre durable de 100 m², équipée de systèmes de contrôle de l’irrigation, de la température et de l’éclairage. Une application mesure simultanément l’humidité et la concentration de CO₂ dans le sol. Dans la serre, 100 m³ de sol contaminé par les PFAS sont traités par la culture de chanvre industriel et l’ajout d’additifs. Ces additifs lient ou mobilisent les PFAS, soutiennent la vie microbienne et améliorent la structure du sol, tandis que le chanvre industriel – une plante à croissance rapide, à enracinement profond et non psychoactive – produit de la biomasse et absorbe les PFAS. Afin de suivre le comportement des PFAS et de déterminer la stratégie de traitement optimale, la serre est divisée en deux compartiments identiques et indépendants, dans lesquels différentes conditions sont testées. Cette configuration permet une comparaison directe des résultats et l’identification des conditions les plus efficaces.

Intensification des processus dans un système entièrement fermé

La serre est sûre, utilisable toute l’année indépendamment des conditions météorologiques, et permet des tests rigoureux et traçables. En contrôlant précisément les conditions de chaleur, d’humidité et de lumière – favorables à la croissance des plantes et à l’activité microbienne – elle permet une intensification des processus naturels et accélère l’élimination des PFAS. Le système est entièrement fermé : l’eau d’irrigation, issue de la collecte des eaux de pluie, est récupérée et réutilisée. Seule la biomasse récoltée, contenant des PFAS, est retirée du système et éliminée de manière sécurisée. Le projet évite ainsi toute dispersion de la contamination. Un autre avantage majeur réside dans la possibilité de moduler les conditions de traitement de manière bien plus flexible que dans le cadre d’une phytoremédiation in situ, où les sols sont traités directement sur place.

Innovatie door samenwerking

De gauche à droite : Herman Backaert (C-ground), le ministre Jo Brouns, Maarten Taelemans (OVMB) et Ingmar Nopens (C-biotech)

Une alternative durable et évolutive

« Les PFAS constituent aujourd’hui l’un des plus grands défis en matière de dépollution des sols, en Belgique comme à l’étranger. En unissant nos forces avec C-ground et C-biotech, nous explorons une alternative durable, évolutive et porteuse de perspectives pour de futurs projets.», déclare Maarten Taelemans, administrateur délégué d’OVMB.

« Ce projet démontre comment l’innovation et la collaboration peuvent conduire à des solutions durables et concrètes pour des problématiques environnementales complexes. La serre fermée nous permet de tester la dépollution des PFAS de manière contrôlée, sûre et accélérée, avec pour objectif final la réutilisation complète des sols », explique Herman Backaert, Innovation Manager chez C-ground.

« Il n’existe pas de solution miracle pour la remédiation des PFAS. En complément des techniques in situ – physico-chimiques pour des hotspots spécifiques ou via la phytoremédiation pour des pollutions diffuses – une approche ex situ est indispensable pour les sites où l’excavation est la seule option. Plutôt que de déplacer le problème vers une décharge, nous voulons créer des sols sains pouvant être réutilisés », ajoute Ingmar Nopens, Managing Director chez C-biotech.

L’innovation par la collaboration
Le projet pilote est le fruit d’une collaboration intensive entre acteurs innovants. La serre a été construite en août 2025, puis remplie de sols contaminés par les PFAS en janvier 2026. OVMB met le site à disposition et assure, en collaboration avec C-ground, le développement et la production de la serre. C-biotech apporte quant à elle son expertise en phytoremédiation avec du chanvre industriel.

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