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« Une architecture qui fonctionne »

Oskar architecten mise sur la clarté, l’humanité et l’audace professionnelle

Teamfoto Oskar architecten
Au cours des cinq dernières années, Oskar architecten s’est développé pour former une équipe d’une trentaine de collaborateurs qui s’est installée dans un ancien centre de tri postal à Dilbeek

Oskar architecten n’est pas un cabinet qui s’est développé par hasard, mais un cabinet qui ne cesse de se réinventer. En observant les projets d’Oskar, on ne voit pas de bravade, mais un choix radical en faveur de l’humanité, de la clarté et de l’audace. Derrière chaque ligne, chaque espace et chaque décision se cache une vision qui va au-delà de la simple architecture. Quiconque s’entretient avec Oskar le ressent immédiatement : ici, on pense différemment, on travaille différemment, on construit différemment.

TiM Vanhove - 5 septembre 2026

Un cabinet qui ose se réinventer

Un cabinet d’architectes qui a fixé une date d’expiration à ses propres fondateurs : voilà ce qui caractérise parfaitement Oskar. Le cabinet a vu le jour en 2015, mais son histoire remonte bien plus loin. Ses racines remontent à 1986, lorsque Leuwers, Maes et Michiels ont fondé un cabinet. Celui-ci a ensuite évolué pour devenir L3M. Vers 2012, la question de la transmission et du rajeunissement s’est posée. L’équipe de l’époque, forte de douze collaborateurs et active dans le secteur des soins de santé, a vu naître une nouvelle génération avec l’arrivée d’Ann Vermoesen et de Nicolas Ramaekers. En collaboration avec les quatre associés fondateurs, Oskar a été créé, avec pour accord que ces derniers resteraient en poste pendant dix ans afin de consolider l’expertise et le réseau.

Deux domaines, une ligne de conduite stable

Onze ans plus tard, Oskar est devenu un bureau multidisciplinaire comptant une trentaine de collaborateurs : architectes, ingénieurs en bâtiment, architectes d’intérieur, paysagistes et spécialistes BIM. Entre 2018 et 2022, trois nouveaux associés ont rejoint l’équipe : Adriaan Vanhaeren, Egon Leuwers et Jelke Benoot. « Cette croissance s’est accompagnée d’un repositionnement clair », explique Nicolas Ramaekers. « Nous avons délibérément choisi de nous spécialiser dans deux domaines. Dans le secteur public, nous nous concentrons sur les lieux où les enfants et les jeunes adultes grandissent et apprennent : écoles, crèches, établissements d’enseignement supérieur, internats et infrastructures sportives. Dans le secteur privé, nous nous concentrons sur des réaffectations complexes, des projets urbains et des concepts d’habitat innovants, allant du logement abordable aux programmes de construction à grande échelle. Cette dualité apporte de la stabilité dans un secteur sensible à la conjoncture. » Derrière ce changement d’image de marque se cache un fil conducteur : l’humain au cœur de tout, tant l’utilisateur que le collaborateur. Oskar est convaincu qu’un environnement de travail sain conduit à de meilleurs projets, et que l’architecture n’est pas un simple élément de mise en scène, mais une réponse à des besoins réels.

Kunstencampus KunstAS in Asse, een ontwerp van Oskar architecten en FELT waarin bestaande en nieuwe architectuur samenkomen.
Depuis le foyer central, deux parcours parallèles mènent aux ateliers et aux espaces partagés. Des vitrines transparentes, des cloisons et de larges escaliers créent une succession d’espaces où s’attarder, observer et exposer son travail (Stijn Bollaert)
Kunstencampus KunstAS in Asse, een ontwerp van Oskar architecten en FELT waarin bestaande en nieuwe architectuur samenkomen.
Le campus artistique KunstAS à Asse, conçu par Oskar architecten et FELT, combine l’architecture existante et les nouvelles constructions contemporaines pour former un campus cohérent (Stijn Bollaert)
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L’écoute comme principe de conception

Cette conviction transparaît clairement dans la vision de l’équipe de conception : l’architecture doit être fonctionnelle. « Cela exige que nous, en tant que concepteurs, soyons capables de très bien décrypter et comprendre ce que veulent les utilisateurs. Cela semble évident, mais je vois parfois des exemples où j’ai l’impression que le concepteur a privilégié l’esthétique au détriment de la fonctionnalité. Pour nous, l’esthétique est également importante, mais elle n’est jamais le seul fondement d’un projet. Un bâtiment est avant tout destiné à offrir un cadre de vie ou de travail agréable. C’est ce qui fait notre force dans le développement de nouveaux environnements d’apprentissage ou de nouveaux modèles de vie et de travail. Pour cela, nous entretenons un dialogue très étroit avec le maître d’ouvrage. Plutôt que de nous présenter comme les spécialistes par excellence, nous préférons écouter comment le client travaille, ce qu’il attend, quelles sont ses expériences d’utilisation… C’est à partir des connaissances ainsi recueillies qu’une conception prend forme », explique Nicolas Ramaekers.

« En tant qu’architectes, nous devons traduire la complexité croissante de notre métier en quelque chose que tout le monde peut comprendre »

Au-delà de la « muraille de Chine »

Même si le dialogue ne va pas toujours de soi, par exemple dans le cadre d’appels d’offres avec un « mur de Chine » entre les concepteurs et le maître d’ouvrage. « Il s’agit alors de tout mettre en œuvre pour convaincre le maître d’ouvrage de notre vision. Mais un projet de concours n’est jamais le produit final. Une fois la phase unilatérale terminée, nous entamons tout de même un dialogue. Nous avons alors déjà tracé une voie en matière d’urbanisme et d’aménagement de l’espace, mais nous constatons que la forme et l’agencement intérieur peuvent encore faire l’objet d’importantes modifications. C’est au cours de ces discussions que l’on commence à cerner les véritables priorités du maître d’ouvrage. On les déduit rarement de manière univoque du cahier des charges », explique Nicolas Ramaekers.

Schoolproject KA2 in Etterbeek van Oskar architecten, waar bestaande en nieuwe architectuur samenkomen.
Sur le site de KA2 à Etterbeek, Oskar a conçu, dans le cadre d’un concours de conception-construction, un nouveau bâtiment pour l’école primaire et la rénovation du gymnase. Le projet s’intègre harmonieusement dans le contexte existant (Johnny Umans)

 

Démêler la complexité

Outre la création d’un espace de dialogue, Nicolas Ramaekers voit un autre défi dans le rôle de l’architecte : « Le métier devient chaque année plus complexe. Notre rôle consiste à démêler cette complexité et à la traduire en quelque chose que tout le monde comprend. Nous devons savoir quels sujets aborder et à quel moment, garder une vue d’ensemble et communiquer dans un langage clair. La conception est à cet égard un outil puissant. Elle rend compréhensibles les réglementations complexes et les exigences techniques, sans qu’il soit nécessaire d’aborder tous les détails autour de la table. C’est essentiel pour maintenir le dialogue ouvert. Sinon, le maître d’ouvrage risque de se désengager. »

Ce dialogue est aujourd’hui plus large que jamais. Les équipes de construction s’agrandissent et les expertises se diversifient. Selon Nicolas Ramaekers, il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une évolution nécessaire. « Autrefois, la construction était beaucoup plus unilatérale. Aujourd’hui, il s’agit de partager ses connaissances, d’être ouvert à d’autres points de vue tout en conservant son propre rôle. L’architecte reste le pivot car il supervise l’ensemble du projet, même lorsque, contractuellement, c’est quelqu’un d’autre qui tient les rênes. »

« De nombreux maîtres d’ouvrage ne se rendent pas compte de l’ampleur du travail que requiert une conception »

La durabilité comme cadre d’apprentissage

Oskar plaide pour une implication précoce de tous les partenaires techniques. Non pas comme un luxe, mais comme une condition sine qua non de la qualité. « Aujourd’hui, c’est inévitable en raison de la grande complexité des projets. Une école technique ou une école d’art exige des techniques spécifiques qui ont un impact sur la conception. C’est pourquoi il est important que les aspects de stabilité et les techniques soient pris en compte dès le premier jour. Mais cela est tout aussi important pour une simple école primaire. Compte tenu notamment des budgets serrés, la réflexion systémique est essentielle », explique Nicolas Ramaekers.

Dans cette optique, les concepteurs recherchent également au maximum des stratégies passives pour réguler le climat intérieur du bâtiment. « Non seulement pour des raisons budgétaires, mais aussi dans l’intérêt de la planète. De plus, nous offrons ainsi aux élèves un cadre leur permettant de s’approprier les mesures de développement durable. Pour certains, cela peut constituer un tremplin pour réfléchir de manière innovante et imaginer de meilleures solutions », espère Nicolas Ramaekers.

Ontwerp voor de herontwikkeling van Nekkersdal in Laken door Oskar architecten, met aandacht voor groen en ontmoeting.
La transformation de Nekkersdal à Laeken va au-delà d’une simple rénovation fonctionnelle. Le bâtiment deviendra un pôle ouvert, verdoyant et fédérateur au sein du quartier

Vers une culture de la concurrence loyale

Oskar apprécie de travailler au sein d’équipes de construction, mais Nicolas Ramaekers n’hésite pas non plus à évoquer les tensions. « Le modèle “Design & Build” est passionnant, car les spécialistes sont impliqués dès le début. On bénéficie d’une meilleure maîtrise du budget et souvent même d’une qualité architecturale supérieure. En même temps, les missions complexes sont parfois difficiles à mener à bien dans un cadre D&B classique. Les projets PPP peuvent aussi s’avérer frustrants en raison des coûts colossaux pour l’équipe de construction, alors que les indemnités de concours restent dérisoires. C’est surtout le cas lorsque le maître d’ouvrage annonce, au cours ou à la fin de la procédure d’appel d’offres, qu’il met fin au projet parce que son budget est insuffisant ou qu’il l’avait mal évalué. »

Le concepteur constate toutefois une évolution, bien que limitée, de la culture des concours en Flandre. « Je constate une diminution des procédures en une seule étape, mais le volume de travail exigé reste trop élevé. De nombreux maîtres d’ouvrage ne se rendent pas compte de l’ampleur du travail que nécessite une conception. C’est pourquoi je m’engage au sein de la NAV pour réformer cette culture. Nous devons tendre vers des rémunérations réalistes et des attentes claires. »

Ontwerp voor het Willemsgebouw in Hasselt door Oskar architecten, met aandacht voor hergebruik en de bestaande omgeving.
Pour la reconversion du bâtiment Willems à Hasselt, la vision architecturale centrale repose sur un quartier urbain vert, accessible à pied et socialement mixte

La circularité comme approche conceptuelle

Pour Oskar, la circularité n’est pas un mot à la mode, mais une approche conceptuelle. « La construction durable est notre point de départ, et la circularité en fait partie intégrante. Dans un projet comme celui de Zavelberg, nous sommes allés très loin dans cette voie. En collaboration avec l’entrepreneur, nous avons récupéré des matériaux pour les réutiliser dans le projet. La construction circulaire présente toutefois encore de nombreux défis. La logistique, par exemple, tout comme la certification et la responsabilité. La réglementation offre peu de marge de manœuvre à cet égard. Nous constatons néanmoins des progrès : des plateformes de matériaux circulaires, des programmes de reprise par les fabricants, des modèles « as-a-service ». « La clé reste une structure de base solide, capable d’évoluer en toute flexibilité », affirme Nicolas Ramaekers.

Sint-Agatha-Berchem
La nouvelle construction du Zavelberg à Sainte-Agathe-Berchem se positionne comme une zone de transition verte entre l’environnement semi-urbain et la réserve naturelle du Zavelberg. Chaque espace bénéficie d’un espace extérieur de qualité (Johnny Umans)

Un nouveau souffle pour les sites existants

Oskar applique cette structure de base flexible non seulement aux nouvelles constructions, mais aussi aux bâtiments et sites existants. Le cabinet s’est forgé une solide réputation dans la reconversion et la transformation urbaine. « Des projets comme Eylenbosch montrent comment redonner vie à un site emblématique. Mais le contexte social se complique : pénurie de logements, vieillissement de la population, syndrome NIMBY, réseaux sociaux qui amplifient la négativité, voire manipulation d’images par l’IA. La construction semble parfois être une mauvaise idée. Nous devons néanmoins développer de nouveaux modèles d’habitat. Les espaces ouverts sont sous pression, mais continuer à s’étaler n’est pas une option. »

« Le patrimoine n’est pas un problème, mais offre justement des pistes. La véritable difficulté réside dans les contradictions de la législation. »

La réglementation reste un défi, mais pas nécessairement un frein. « Le patrimoine n’est pas un problème, il offre au contraire des pistes. La véritable difficulté réside dans les contradictions de la législation. Parfois, celle-ci sape la qualité urbanistique qu’elle est censée protéger », conclut Nicolas Ramaekers.

OS-KAR Eylenbosch Schepdaal
Dans le cadre de la reconversion de l’ancienne brasserie Eylenbosch à Schepdaal, Oskar propose une combinaison de transformation du patrimoine, de nouvelles constructions et de densification à l’échelle du village. C’est ainsi qu’une brasserie fermée est devenue un lieu ouvert 
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