
La Belgique se dote d'un cadre bancaire uniforme pour lutter contre l'écoblanchiment dans le financement de l'immobilier durable

Les banques belges disposent désormais d'un cadre uniforme et clair pour évaluer si les nouvelles constructions, les rénovations et les projets immobiliers sont réellement durables. Les lignes directrices nationales, basées sur la taxonomie de l'UE, devraient permettre d'accorder plus facilement des prêts verts et de lutter contre l'écoblanchiment. Les initiateurs sont la fédération sectorielle Febelfin et le Belgian Green Building Council (BGBC). Avec les Pays-Bas, l'Espagne et l'Allemagne, la Belgique est l'un des premiers pays européens à disposer d'une telle approche harmonisée.
Qu'est-ce qui va changer pour les banques et les investisseurs ?
- Une interprétation nationale unique de la taxonomie des bâtiments de l'UE garantit des critères clairs et comparables lors de l'évaluation des demandes de crédit durable.
- La charge administrative diminue car les questionnaires et les pièces justificatives sont désormais sur un pied d'égalité.
- Les banquiers s'engagent à appliquer les lignes directrices ; il n'y a pas d'obligation formelle, mais le secteur accepte d'utiliser le même langage.
- Davantage de demandes peuvent être approuvées comme étant "vertes" sans risque d'écoblanchiment.
"Jusqu'à aujourd'hui, les lignes directrices européennes permettaient d'invoquer le développement durable de différentes manières. Avec une norme unique, les banques approuveront les prêts verts plus rapidement et avec plus de certitude, sans avoir à craindre le greenwashing", déclare Gilles Vanvolsem, directeur général de BGBC. "En collaboration avec Febelfin, nous avons développé ces lignes directrices standardisées.
Moins de place pour le greenwashing
Jusqu'à présent, les banques utilisaient leurs propres questionnaires, modèles Excel et contrôles pour la performance énergétique, les plans de rénovation, l'utilisation des matériaux et les risques climatiques, entre autres. Ce manque de comparabilité était source d'inefficacité, d'administration supplémentaire et de réticence à qualifier un projet de "vert".
"La clarification devrait sérieusement réduire le risque d'écoblanchiment", a déclaré Tom Van den Berghe, directeur de la finance durable chez Febelfin. "Si tout le monde se conforme aux mêmes lignes directrices, les comparaisons deviendront plus faciles et les prêts durables seront mieux attribués. C'est une bonne chose, car les prêts verts sont souvent plus avantageux, ce qui encourage les investissements dans la durabilité."
Nécessité d'une accélération dans l'environnement bâti
Le secteur immobilier attend depuis un certain temps des critères d'évaluation sans ambiguïté. Les besoins d'investissement sont importants : à Bruxelles, quelque 84 % des immeubles de bureaux n'atteignent pas les objectifs énergétiques de 2050. Au niveau national, seuls 7 % de tous les bâtiments - résidentiels et non résidentiels - atteignent aujourd'hui la performance énergétique visée pour 2050. Avec la nouvelle norme, le secteur souhaite orienter davantage de capitaux privés vers des projets véritablement durables qui consomment moins d'énergie et d'eau et émettent moins de CO₂.
Contexte européen et prochaines étapes
Les lignes directrices belges transposent la taxonomie européenne sur le marché local et facilitent l'étalonnage et le suivi. Cela devrait conduire à une plus grande transparence pour les investisseurs et accélérer le financement durable dans le secteur de la construction et de l'immobilier. BGBC, qui réunit le secteur et le monde financier, considère que la réalisation d'un langage et d'un ensemble de paramètres uniques est une ambition fondamentale.
Pour plus d'informations et pour consulter l'intégralité des lignes directrices belges pour les bâtiments relevant de la taxonomie de l'UE, veuillez consulter le site suivant : belgiangbc.be/en/eu-taxonomy.